« L’après TEMA », vision de Yann BONNEFOND, diplômé 2004.
Yann Bonnefond, diplômé TEMA promotion 2004, répond à nos questions sur son « Après TEMA »
Bonjour Yann, nous souhaiterions vous poser quelques questions afin de partager votre parcours depuis votre sortie de Tema.
Bonjour Tema ! He bien oui, allons-y ! Commençons par le début, je suis sorti de Tema en 2004 (ndlr : Tema était alors en format 4 ans), et j´ai finalisé mon cursus à travers une année de Master en Contrôle de Gestion a Paris Dauphine. Je suis aujourd´hui responsable des offres (Bid Manager dans le jargon) pour la société Thales au Brésil, dans une petite structure de 250 employés qui vient d´être rachetée à 100%.
En quoi consiste le métier de « Responsable des Offres » ? Pouvez-vous aussi nous présenter l´entreprise Thales ?
Je suis assez nouveau dans le poste en fait ! Cela fait un peu moins d´un an que je me penche sur les offres à destination de clients allant du gouvernement Brésilien aux armateurs de sous marins ! Thales est une société française qui conçoit et développe des produits de défense et sécurité pour une clientèle majoritairement étatique (60,000 collaborateurs dans le monde). Les produits vont des systèmes radar et de traitement des données pour les aéroports, des systèmes de surveillance vidéo, à des satellites ! Le responsable des offres est en fait en charge d´analyser les besoins des clients avec les commerciaux, et de coordonner les équipes en interne (supply chain, manufacturing, ingénierie, finance…) pour évaluer les coûts et contraintes techniques à mettre en oeuvre avant d´entamer les négociations de vente. La valeur des offres peut aller de 2 à 15 Millions d´Euros.
Comment se traduit votre activité au jour le jour ?
Typiquement, j´anime les revues entre les commerciaux et les directions de département à tous les stades d´avancement de la préparation de l´offre (revue des risques, des opportunités, analyse de trésorerie, incohérences techniques et planning). Je consolide et challenge les données estimées par les équipes afin d´etablir une fourchette de prix de vente. Une étape importante consiste à établir un indice de confiance suffisamment élevé pour que la direction donne son aval pour remettre l´offre.
Vous dites que cela fait moins d´un an que vous êtes en poste. Quel a été votre parcours professionnel ?
Avant ce poste, j´ai été contrôleur de gestion dans des sociétés minières et de service IT. J´ai rejoint le groupe Thales pour mettre en place une structure de contrôle (planning et coûts) pour des projets de développement de longue durée. J´ai ainsi passé 4 années en Australie.
En Australie ! Maintenant le Brésil, sous les tropiques, la vie est belle non ?
La vie est plutôt sympa c´est vrai ! C´est vraiment une bonne expérience de vivre et de travailler dans des pays différents, ou la culture vous surprend régulièrement (pour le meilleur et pour le pire !). Ce que j´aime le plus lors de mon arrivée, c´est de m´adapter au mieux pour m´imprégner le plus possible des habitudes du pays. Ce qui est assez fort, c´est que loin de la France, on se rend plus compte de nos traits bien typiques de Français, au boulot et dans la vie de tous les jours. Et surtout, on se rend compte à quel point les étrangers apprécient et admirent la culture française. C´est vrai qu´il n´y-a pas que la bonne cuisine qui me manque ! Après maintenant 6 ans a l´étranger, je pense qu´il est bientôt temps de rentrer un peu.
Quelles compétences et comportements vous semble-il important de développer pour progresser dans ce type d´entreprises ?
Il faut bien entendu des compétences, qui se forgent sur le terrain après l´apprentissage fait en école. Dans les métiers de controlling par exemple, il est nécessaire d´être équipé en termes d´outils (compta, lecture de bilan et compte de résultat…), mais ce n´est pas tout, il faut être critique et savoir faire passer les messages importants. Dans des entreprise comme Thales où la technologie de pointe est omniprésente, il est important de comprendre les enjeux techniques des ingénieurs tout en réussissant à ne pas sur dimensionner les moyens à mettre en œuvre pour servir le client. Je pense que la curiosité, la fiabilité et l´entrain pour son travail sont autant d´attitudes qui donnent aux gens l´envie de travailler avec vous.
Et comment la formation reçue à TEMA vous a-t-elle permis de « vous équiper », comme vous dites, pour rentrer dans le monde du travail ?
Franchement, ce qui était vraiment novateur a TEMA, c´est que c´était presque une mini entreprise. Et la chose la plus utile qui nous ait été transmis est la capacité de faire au mieux avec ce que l´on a ! Il y a toujours dans les travaux de groupe par exemple, des personnes avec qui vous ne vous entendez pas, d´autres qui ne sont pas motivées, des profs qui demandent des trucs impossible… c´est la vie, et en entreprise, c´est pareil. Savoir mettre en avant son travail, se présenter ainsi que de se vendre sur le marché du travail (entretien, CV…) sont des aspects qui ne sont pas négligés dans le cursus, et fortement cultivés grâce à des professeurs d´horizons variés, de qualité et disponibles.
Oui, mais cette caractéristique n’est-elle pas partagée avec d´autres écoles ?
Peut-être, mais plus qu´un argument de vente, j´espère que c´est vrai aussi pour ces autres écoles !! Ce qui rend TEMA différente, c´est justement l´originalité qu´elle dégage. Le concept de lier les deux métiers de l´ingénierie et de la gestion, non pas en formant des gestionnaires ingénieurs, mais bien en sensibilisant les étudiants sur la nécessité de communication et de compréhension, est une belle réussite. TEMA, bien que n´ayant à peine 13 ans, a permis a un bon nombre d´étudiants d´intégrer des écoles de très bonne renommée, avec d´excellents résultats a la sortie. Cela pour moi est le signe d´une originalité et d´une audace hors du commun. TEMA offre la possibilité de choisir ce que l´on souhaite devenir.
Maintenant que les nouvelles technologies sont ancrées dans les entreprises, quels sont à vos yeux, les enjeux d´un futur bon professionnel ?
Ah, justement, ces nouvelles technologies, toujours de plus en plus nombreuses et séduisantes, en entreprise, il me semble qu´il faut rester vigilant ! Un bon professionnel doit savoir choisir à tout moment le meilleur moyen de communication, qui ne doit pas être exclusivement virtuel. La capacité de communiquer, de se faire comprendre et de faire adhérer les gens à un projet ne se résume pas a mettre quelques mots sur Twitter. L´abondance de l´information disponible pour un responsable rend la prise de décision forcement plus complexe. Il faut donc savoir s´entourer de professionnels de qualité, à qui on peut faire confiance, et essayer de ne pas se laisser envahir par le superflu.





